Une étrange défaite ? Mai - juin 1940

Exposition Une étrange défaite?

Introduction

Désastre, déroute, naufrage, effondrement, catastrophe… La défaite de l’armée française à l’issue de six semaines de combats est perçue comme une véritable onde de choc. « Trop peu d'hommes, trop peu d'armes, trop peu d’alliés », l’échec de la France en juin 1940 est présenté par le maréchal Pétain comme la conséquence inévitable d'une série de fautes commises par la société française et par la République. La rapidité et la brutalité du double effondrement, militaire puis politique, facilitent la très large adhésion à cette interprétation, consacrant ainsi la victoire idéologique du gouvernement de Vichy.

Depuis plus d'une vingtaine d'années, de nombreux colloques et travaux d'historiens affirment que ni la défaite militaire ni l’armistice n’étaient inéluctables. Rien pourtant ne semble pouvoir entamer la vision tronquée qui colle à cet épisode de l'histoire, incarné aujourd’hui encore et pour beaucoup par le film La Septième Compagnie. L'exposition propose de revenir sur ces quelques semaines décisives, durant lesquelles la population française est sous le flot d'événements incessants, pour mieux s'interroger : que savons-nous des mois de mai et juin 1940 ?

Une de "Lyon libre" et livre "L'étrange défaite" de Marc Bloc - © Pierre Verrier

Marc Bloch, L’étrange défaite, Éditions du Franc-Tireur, 1946
CHRD
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« Témoignage » d’un soldat et d’un historien, L’étrange défaite livre une première et implacable analyse de l’effondrement militaire et politique de la France. Rédigé « à chaud », dès l’été 1940, mais avec la pleine maîtrise des outils de l’historien, l’essai sera publié de manière posthume après l’exécution de Marc Bloch par les Allemands le 16 juin 1944. Véritable monument littéraire, le texte rend compte de la défaillance militaire et politique d’une nation, tout en révélant les valeurs constitutives d’un engagement à venir.