Dessins du ghetto de Theresienstadt, par Arthur Goldschmidt

Ces dessins ont été réalisés par Arthur Goldschmidt au ghetto de Theresienstadt (République tchèque), où il a été interné de 1942 à 1945. D’une intensité et d’une facture remarquables, ses œuvres évoquent la vie du ghetto à travers des portraits de déportés, des scènes du quotidien, des paysages, des éléments d’architecture... Son fils, l’écrivain franco-allemand Georges-Arthur Goldschmidt, en fera don au CHRD en 2011.

Arthur Goldschmidt, de la vie publique de Hambourg au ghetto de Theresienstadt :

Issu d’une famille juive convertie au protestantisme, Arthur Goldschmidt (1873-1947) est conseiller à la cour d’appel de Hambourg, pour laquelle il règle de nombreux conflits portuaires et maritimes. En 1933, il est mis à la retraite d’office du fait des mesures d’exclusion antisémites adoptées par le régime nazi.

Conformément à la loi de Nuremberg du 15 septembre 1935 (qui crée une « race juive » et codifie son appartenance en fonction du nombre d’ascendants de confession juive), Arthur Goldschmidt est déclaré juif. Pour protéger ses deux fils, il les envoie dès 1938 en Italie, puis en France.

Le 20 juillet 1942, âgé de près de soixante-dix ans et veuf depuis peu, Arthur Goldschmidt est déporté à Theresienstadt. Au sein du camp, il endosse le rôle de pasteur de la communauté évangélique. Peut-être doit-il à cette stature le fait d’échapper à la déportation. Car sur les 139 654 Juifs internés à Theresienstadt, 86 934 sont déportés vers « l’Est », où 83 500 sont assassinés, essentiellement à Auschwitz et Treblinka.

Le ghetto est libéré en mai 1945. Arthur Goldschmidt est de retour chez lui quelques mois plus tard. Il décède en février 1947.

La pratique du dessin semble avoir été, pour lui comme pour de nombreux autres internés, un exutoire face à l’extrême dureté de la vie concentrationnaire. Son oeuvre témoigne du regard empreint de bienveillance qu’il portait à ses codétenus.

En octobre 1941, les autorités allemandes choisissent la ville-forteresse de Theresienstadt, à 60 kilomètres de Prague, pour y concentrer les Juifs tchèques avant leur déportation vers l’Est. Arriveront ensuite, par vagues successives, des Juifs d’Allemagne et d’Autriche, des Pays-Bas, du Danemark, de Slovaquie et de Hongrie.

Informations techniques

Ensemble composé d'un carnet de croquis (14 x 8 cm) et de 69 dessins à la mine de plomb ou au fusain

Date : 1942-1945
N° inventaire : Ar. 1626
Fonds : Goldschmidt Georges-Arthur