Ensemble d’objets issus de l’univers concentrationnaire

Bien que l’univers concentrationnaire soit marqué par le dénuement le plus complet, les objets personnels n’en sont pas totalement absents. Ils sont confectionnés par les déportés au moyen d’une énergie et d’une ingéniosité considérables, conjuguées à une réelle abnégation.

Les matériaux nécessaires à leur fabrication sont récupérés sur le lieu de travail, ou obtenus en troquant le peu de nourriture disponible. Et c’est bien souvent sur le temps de sommeil, pourtant vital, qu’ils sont assemblés. Dans ces conditions, l’existence même de ces objets peut être interprétée comme un acte de résistance, déterminant dans la stratégie de survie des déportés.

Contrairement à ce que l’on pourrait penser, les objets issus des camps de concentration sont rarement utilitaires. Certains sont destinés à être offerts à un ou une camarade, attestant de la persistance des liens d’amitié dans l’univers déshumanisé du camp. D’autres sont associés à des pratiques religieuses. Ils témoignent alors de la quête spirituelle qui anime de nombreux déportés, quel qu’ait pu être leur parcours antérieur.

Paire de gants confectionnée au camp de Ravensbrück :

Confectionnés à partir d’une couverture du camp de concentration de Ravensbrück, ces gants ont été réalisés par une déportée à l’intention d’une de ses camarades, probablement pour son anniversaire.

Jeu de cartes confectionné au camp de Ravensbrück :

Ce jeu de 32 cartes a été confectionné à Ravensbrück par Yvonne Rochette, arrêtée à Lyon en même temps que son mari, agent du BCRA et du réseau Brutus. Ce dernier est mort à Mauthausen ; Yvonne Rochette a été rapatriée en France en 1945.

Chapelet en mie de pain confectionné dans un camp de concentration : 

La croix et les perles de ce chapelet sont constituées de mie de pain, une ressource particulièrement précieuse compte tenu de l’insuffisance des rations distribuées aux détenus dans les camps.

Lunettes de Georges Dunoir réparées au camp d’Allach (Kommando de Dachau) :

Ces lunettes ont appartenu à Georges Dunoir, fondateur du mouvement de résistance Le Coq enchaîné. Elles ont été brisées par un gardien du camp d’Allach, où il était déporté. Ses codétenus se sont employés à en rafistoler les morceaux.
 

Informations techniques

Paire de gants : Ar. 182, fonds Clavreul 

Jeu de cartes : Ar. 672, fonds Mathey-Chapiron

Chapelet de mie de pain : Ar. 393, dépôt Boileau

Lunettes de Georges Dunoir : Ar. 389, fonds Dunoir