Jean Moulin

Issu d’une famille méridionale, lettrée et républicaine, Jean Moulin (1899-1943) sert pendant vingt-trois ans la République comme sous-préfet et préfet, avec plusieurs passages dans des cabinets ministériels. 

Sa résistance commence le 17 juin 1940, lorsqu’il refuse de signer un document établi par les Allemands accusant à tort les troupes sénégalaises de l’Armée française de massacres sur les civils. Révoqué par Vichy en novembre, il gagne la Zone Sud, où il entreprend de dresser un état des lieux des effectifs et des moyens dont dispose la Résistance. Fort de ses observations, il s’envole pour Londres en septembre 1941 pour se mettre au service du général de Gaulle. 

Conquis par sa personnalité, ce dernier le nomme son représentant personnel en zone libre et le charge d’unifier sous son autorité la Résistance sur le territoire français. Jean Moulin est parachuté en Provence le 2 janvier 1942, avec différents objectifs : rencontrer les responsables des mouvements de résistance, neutraliser les rivalités politiques et personnelles, coordonner leur action et asseoir la légitimité du général. 

Installé à Lyon, Jean Moulin met en place des organes centraux (Bureau d’information et de Propagande, Comité Général des Études) permettant de faire le lien entre Résistance intérieure et extérieure. 

Il travaille également au rapprochement des trois mouvements de la zone libre (Combat, Libération et Franc-Tireur). En novembre 1942, leurs effectifs paramilitaires fusionnent en une seule organisation, l’Armée Secrète, destinée à paralyser l’armée allemande. L’armée secrète est placée sous le commandement du général Delestraint.

Pour entériner cette unification, Jean Moulin crée le 27 janvier 1943 le Comité directeur des Mouvements unis de la Résistance (MUR). S’ensuit quelques mois plus tard le Comité national de la Résistance (CNR) qui, lors de sa première réunion le 27 mai à Paris, légitime Charles de Gaulle comme seul chef politique de la France résistante.

Jean Moulin est arrêté le 21 juin 1943 à Caluire, dans la banlieue lyonnaise. Interrogé, torturé au siège de la Gestapo à Lyon, puis à Paris, il meurt le 8 juillet 1943, dans le train qui le déporte en Allemagne, sans avoir livré le moindre secret. 

Son entrée au Panthéon en 1964 immortalise dans la mémoire collective le symbole intemporel de la Résistance, dont il a su transmettre des traits exemplaires. 
 

Informations techniques

Biographie

Date : 1899-1943
Personne : 

Jean Moulin