Souvenirs de Tola Vologe

En 2014, Tony Bertrand (ancien sportif de haut niveau et adjoint aux sports du maire de Lyon Louis Pradel entre 1959 et 1977) remet au CHRD un fonds composé de documents d’archives, de photographies et d’un objet remarquable : la montre de Tola Vologe, que la mère de ce dernier lui avait confiée au sortir de la guerre.

Tola Vologe, la résistance par le sport :

Anatole Vologe, dit Tola Vologe, naît à Vilnius (Lituanie) en 1909. Enfant, il émigre à Paris avec sa mère, et devient en grandissant sportif de haut niveau. Profil singulier dans l’histoire du sport, Tola Vologe se distingue dans trois disciplines : le hockey sur gazon (il obtient la quatrième place aux Jeux Olympiques de 1936 à Berlin), l’athlétisme et le tennis de table.

Officier de l’armée française pendant la campagne de 1939-1940, il se réfugie à Lyon avec sa mère, de confession juive, à l’été 1940. Il devient alors l’un des animateurs du club sportif LOU (Lyon Olympique Universitaire). C’est dans le cadre de ses activités sportives qu’il rejoint le réseau « Sport libre », cachant des réfractaires au STO qu’il aide ensuite à gagner le maquis.

Arrêté le 24 mai 1944 par des miliciens français, il est remis à la Gestapo, puis interné à la prison de Montluc. Quelques jours plus tard, il est désigné avec d’autres détenus pour travailler au déblaiement des ruines de l’École du service de santé militaire (qui sert alors de siège de la Gestapo), bombardée par les alliés. Il est abattu sur place le 3 juin.

À l’occasion de l’exposition Le sport européen à l’épreuve du nazisme organisée par le CHRD en 2016, la revue de bande dessinée Les rues de Lyon a édité un numéro spécial consacré à Tola Vologe, à retrouver ici.

N° inventaire : Ar. 1800
Fonds : Bertrand Tony