Talons de tickets de rationnement

Les tickets de rationnement sont emblématiques des années de restrictions. Demandant une gestion rigoureuse tant de la part des consommateurs que des commerçants, ils sont omniprésents dans le quotidien des Français, comme en témoigne cet ensemble de talons.

L’alimentation en temps de guerre :

De tous les bouleversements provoqués par la guerre, les restrictions alimentaires sont, pour la population civile, le plus perceptible au quotidien. Le rationnement entre en vigueur à l’automne 1940, avec l’instauration d’une carte d’alimentation. Cette « carte d’identité alimentaire » donne droit à un contingent de coupons (pour les rations mensuelles comme le sucre ou le café) et de tickets (pour les rations hebdomadaires ou journalières), à remettre aux commerçants en plus du paiement des produits.

La quantité dévolue à chacun est définie selon l’âge et la profession. À cet effet, la population est classée en différentes catégories dont les principales sont : E (enfants), J (jeunes et adolescents), A (adulte), T (travailleurs de forces), C (travailleurs agricoles), V (personnes âgées).

Mais le rationnement n’est pas le seul facteur affectant l’alimentation en temps de guerre. Dans un contexte de pénuries généralisées, le déséquilibre entre l’offre et la demande génère une inflation croissante. En dépit de l’instauration par Vichy d’un service de contrôle dédié, on estime que les prix réels des produits alimentaires sont multipliés par trois ou quatre entre 1940 et 1944. 

Pour prendre en compte les besoins spécifiques des enfants et des adolescents, la catégorie J est rapidement divisée en J1 (3 à 6 ans), J2 (6 à 12 ans) et, à partir de juin 1941, en J3 (13 à 21 ans). Les J3 perçoivent la ration de pain la plus élevée de toutes, des suppléments en sucre, confiture et chocolat. « J3 » devient bientôt l’expression consacrée pour désigner la jeunesse sous l’Occupation.

Informations techniques

Document d'archives

N° inventaire : Ar. 1388
Fonds : Chamba M.