Tata sénégalais

Le 8 novembre 1942 est inaugurée à Chasselay, près de Lyon, une nécropole d’inspiration africaine : le Tata. Celle-ci accueille les dépouilles de 188 tirailleurs sénégalais massacrée par l’armée allemande en juin 1940.

Tandis que Lyon est déclarée ville ouverte le 18 juin 1940, de violents combats se préparent au nord-ouest de l’agglomération. Des soldats du 25e régiment de tirailleurs sénégalais, corps de l’armée coloniale, appuyés par trois batteries du 405e régiment d’artillerie anti-aérienne, ont pour mission de retarder l’avancée des troupes allemandes au point d’appui de Chasselay (Rhône).

Encerclés par les forces allemandes, les hommes sont capturés à l’issue de combats acharnés. Les soldats blancs sont faits prisonniers, tandis que les tirailleurs sénégalais sont exterminés par les unités de la Heer et de la Waffen-SS/Totenkopf, au nom de l’idéologie hitlérienne.

Ce crime raciste bouleverse l’opinion. Jean Marchiani, secrétaire général de l’Office départemental des mutilés de guerre, anciens combattants et victimes de guerre, s’engage aussitôt à réunir des fonds pour acquérir un terrain à Chasselay, à proximité du lieu où s’est déroulé le drame. Le 8 novembre 1942, le Tata sénégalais est inauguré en sa présence (« tata » désignant en Afrique occidentale un lieu dédié aux guerriers morts au combat).

Cent quatre-vingt-seize soldats africains morts pour la France y sont aujourd’hui inhumés. Ce lieu de mémoire et de recueillement, propriété du Ministère de la Défense, est classé nécropole nationale depuis 1966.

Date : 1942