L'affaire Dreyfus

En 1894, Alfred Dreyfus, alors capitaine de l'état-major français, est accusé et condamné, à tort, pour haute trahison par le Conseil de Guerre. La presse s'empare rapidement de l'affaire et agite l'opinion publique. Le pays se voit alors divisé en deux camps : les dreyfusards (défenseurs de Dreyfus) et les antidreyfusard (opposants de Dreyfus). Les douze années de jugement feront de l'affaire Dreyfus l'un des conflits politiques majeurs de la IIIe République.


Le bordereau 

En septembre 1894, le Service de renseignements militaire reçoit une lettre partiellement déchirée, non datée et non signée, divulguant des documents confidentiels de l'Armée française à destination de l'ambassadeur allemand Maximilian von Schwartzkoppen. Le capitaine Dreyfus est immédiatement soupçonné sur la base de la ressemblance d'écriture.
Dans un contexte fortement marqué par l’antisémitisme, le journal La Libre Parole relaie l’affaire et présente Dreyfus comme coupable indéniable en raison de sa confession juive.


Le procès de 1894 

En décembre 1894 se déroule le premier procès de l'affaire. Au début du délibéré, le président du Conseil de guerre reçoit un pli fermé, communiqué en toute illégalité, qui présente toutes les preuves de la culpabilité de l'accusé. Ce pli se révélera plus tard être vide. Alfred Dreyfus est alors condamné à la destitution de son grade et à la déportation perpétuelle.


"J'accuse" 

En janvier 1898, le commandant Esterhazy est soupçonné d'avoir écrit le dit bordereau. Jugé puis acquitté, son procès réveille l'indignation d'Émile Zola. Le 13 janvier 1898, la une du journal L'Aurore accueille une lettre de l'écrivain à destination du président de la République Félix Faure. De son célèbre "J'accuse", Émile Zola dénonce les mensonges, les manipulations et l’injustice de l’affaire. L'article a l'effet souhaité puisqu'il déclenche de nombreuses mobilisations à travers le pays, opposants les dreyfusards et les antidreyfusards.


Le procès de 1899 

Le 3 juin 1899, la Chambre criminelle de la Cour de cassation décide de renvoyer Alfred Dreyfus devant le Conseil de guerre à Rennes. Malgré un bordereau falsifié l'année précédente, Dreyfus est déclaré à nouveau coupable de haute trahison mais, cette fois-ci, avec des circonstances atténuantes qui lui valent une peine de 10 ans de prison. Épuisé, il abdique toute résistance pour prouver son innocence et accepte d'être gracié en septembre 1899 par le président Émile Loubet.


Les derniers jugements

Il faut attendre 1903 pour que le député Jean Jaurès relance l'affaire et trois ans encore pour que la Cour de cassation annule le jugement de 1899 du Conseil de guerre et réhabilite Alfred Dreyfus de ses fonctions.
Si, pendant douze ans, l'affaire Dreyfus occupe une place importante dans la vie politique et quotidienne des Français, elle témoigne également d'une montée de l'antisémitisme en France qui trouvera son apogée pendant la Seconde Guerre mondiale.

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