Lorsque la guerre éclate, Rose Valland travaille au musée du Jeu de Paume en tant qu'attachée de conservation. Durant l'occupation allemande, elle va consigner secrètement les déplacements des oeuvres d’art pillées par les nazis. Elle est aujourd’hui reconnue comme une figure majeure de la Résistance française.
Une vocation pour l'art
Issue d’une famille modeste dauphinoise, Rose Valland naît le 1er novembre 1898 à Saint-Étienne-de-Saint-Geoirs, en Isère. Elle entreprend des études en histoire de l’art à Lyon puis à Paris qui lui permettent, en 1932, de devenir attachée de conservation au musée du Jeu de Paume, haut lieu de l’art moderne et des expositions d'avant-garde en Europe. À l’aube du conflit, elle participe, avec Jacques Jaujard, directeur des Musées nationaux, à la protection et à l’évacuation des collections françaises menacées par l'arrivée imminente des nazis en France.
Une espionne sous l'Occupation
L'Einsatzstab Reichsleiter Rosenberg (ERR) est le service secret allemand qui régit le pillage systématique des oeuvres d'art, notamment spoliées aux familles juives et franc-maçonnes sous l’Occupation.
Dès novembre 1940, le ERR utilise le musée du Jeu de Paume comme siège de ses opérations. Rose Valland, qui travaille au musée depuis 8 ans déjà, est autorisée à rester en poste, afin d’effectuer l'inventaire des oeuvres en transit.
Mais dans l'ombre, elle soustrait, au péril de sa vie, des renseignements précieux sur la destination des convois vers l'Allemagne, les oeuvres et leurs propriétaires. Elle consigne ces renseignements précieux dans des carnets clandestins.
L'après-guerre et le sauvetage des collections
À la Libération, Rose Valland devient secrétaire de la Commission de récupération artistique (CRA), chargée de retrouver les biens culturels pillés par les nazis.
Dès 1945, elle est envoyée en Allemagne afin de mener des enquêtes d'identification des biens culturels appartenant au patrimoine français. Grâce à son engagement et celui de la CRA, près de 60 000 oeuvres sont retrouvées, dont 45 000 sont restituées à leurs propriétaires ou à leurs ayants droit.
Le front de l'art
En 1952, elle obtient le statut de conservatrice. Longtemps restée dans l’ombre, Rose Valland publie son ouvrage Le Front de l’art, en 1961, qui retrace l'histoire du sauvetage des collections particulières des familles juives. Figure incontournable de la protection des biens culturels, son héritage résonne encore aujourd'hui et façonne l'image d'une résistante emblématique de la Seconde Guerre mondiale.