Le soulèvement de ghetto de Varsovie

À partir de l’automne 1940, la population juive de Varsovie et des alentours est enfermée par les nazis dans un quartier qui n’excède pas 3 km². Il s’agit du plus grand ghetto d’Europe. Devant l’intensification des persécutions, des organisations de résistance juive organisent un soulèvement à partir du 19 avril 1943.
Durant 27 jours, les insurgés tiennent tête à l’armée allemande en dépit de moyens dérisoires. Ils sont finalement écrasés, le ghetto est détruit et la population survivante déportée.
Ce combat désespéré était celui de la dignité.

 

Mise en place du ghetto et vie quotidienne

À partir de novembre 1940, plus de 400 000 personnes sont entassées dans un espace de seulement 3 km². La population augmente encore début 1941 quand des milliers de Juifs des environs de Varsovie y sont également déportées. Il s’agit pour les nazis d’isoler les Juifs du reste de la population et de les garder sous leur contrôle. Par ailleurs, cela permet également de pouvoir puiser dans cette population des travailleurs forcés pour l’industrie allemande.

 

L’organisation de la vie quotidienne

Le ravitaillement est structurellement insuffisant, entretenant une situation de famine. Ajouté à la promiscuité, cela entraîne une mortalité extrême : on estime que plus de 80 000 personnes sont mortes entre la mise en place du ghetto et l’été 1942. Pour survivre, la population développe des stratégies : troc, marché noir, évasions temporaires, via les égouts notamment pour trouver de la nourriture en dehors du ghetto. La vie s’organise cependant : des offices religieux sont célébrés, des écoles et des bibliothèques sont créées.

 

« L’opération Reinhard » : anéantir la population juive de Pologne

À partir de juillet 1942 débute la politique d’extermination menée par l’occupant nazi : 265 000 personnes seront déportées vers le centre de mise à mort de Treblinka, situé à une centaine de kilomètres de Varsovie, dans le cadre de « l’opération Reinhard » destinée à anéantir la population juive des territoires polonais contrôlés par l’Allemagne. Des rafles sont opérées dans le ghetto : entre 5 000 et 7 000 personnes sont déportées tous les jours jusqu’au 12 septembre.

 

L’insurrection du ghetto, un combat désespéré

Face à la volonté manifeste des nazis de « liquider » tous les habitants du ghetto, naissent des organisations de résistance, dont l’Organisation juive de combat. Elles parviennent à établir des liens avec la résistance polonaise non juive qui leur fournit des armes ; elle gagne aussi le soutien de la population à la faveur d’opérations spectaculaires lors de rafles. On estime ses effectifs à environ 750 membres. Quand l’ordre est donné par Himmler, chef de la SS, de liquider le ghetto, les résistants juifs initient une insurrection à partir du 19 avril 1943. Durant 27 jours, les combattants vont faire face à plus de 2 000 soldats allemands puissamment armés en ayant recours à un vaste réseau d’abris souterrains et de passages entre immeubles mis en place avec l’aide de la population.

 

Un bilan effroyable

Le bilan du soulèvement du ghetto de Varsovie est effroyable, le ghetto sera entièrement rasé, seuls 80 des combattants ont survécu, des milliers de résidents ont été tués sur place, les survivants seront déportés vers Treblinka et assassinés.


«Au fond, il s’agissait seulement de choisir sa façon de mourir», dira après la guerre un des rares chefs de l’insurrection encore en vie.
Ce combat désespéré face à la politique génocidaire nazie a durablement marqué les mémoires.

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L'idée nazie du ghetto

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Benjamin Orenstein