Le 11 novembre 1942, alors que les troupes allemandes envahissent la zone libre, Le Progrès, quotidien lyonnais, prend une décision historique : cesser sa parution. Face à la censure croissante du régime de Vichy, le journal refuse de collaborer et choisit le sabordage plutôt que la compromission.
Les premiers gestes de Résistance
Dès 1940, Le Progrès se distingue des deux autres grands quotidiens lyonnais, Le Nouvelliste et Lyon Républicain, et adopte un posture d'opposition discrète mais ferme. Des actes de rébellion, tels que le refus de qualifier les bombardements alliés « d’agressions » ou encore la publication d'extraits du discours de Charles de Gaulle, lui valent d'être censuré à deux reprises par le régime de Vichy.
Le dernier numéro
Le 11 novembre 1942, tandis que les Allemands progressent en zone libre, le régime de Vichy impose au journal la publication d'une dépêche de propagande accusant les Américains de piller la France. Le Progrès refuse. L’ultimatum est clair : publier ou disparaître. Une réunion d'urgence est organisée par la direction, Émile et Hélène Brémond, qui réunissent l'ensemble des décisionnaires du journal. Le choix est fait à l'unanimité, tous acceptent en pleine connaissance des conséquences. Le lendemain, la fin de la zone libre et l'invasion allemande sont annoncées dans le tout dernier numéro, le 300037.
La clandestinité
La milice française tente de relancer Le Progrès sous une nouvelle formule, mais aucun journaliste ne suit. Beaucoup, déjà engagés dans la Résistance, poursuivent leur combat, soutenus financièrement par le journal qui les rémunère grâce à ses réserves. Alors qu'Émile Brémond est contraint de fuir Lyon, son épouse, Hélène, décide de louer un appartement à l'abri des regards, rue Bugeaud (Lyon 6), pour permettre aux journalistes de continuer leurs actions de résistance.
Le retour d'une presse libre
Le 8 novembre 1944, Le Progrès est le seul des grands quotidiens d'avant-guerre à réapparaître sous le même nom, symbole de sa résistance.
Malgré de nombreuses pertes humaines et matérielles subies pendant la guerre, le journal incarne une lutte vertueuse pour la liberté d'expression.