Les abris anti-aériens

Dès 1938 la France met en place un politique de « Défense passive » destinée à préparer le pays à une guerre éventuelle et en particulier à protéger la population civile des conséquences du conflit. Dans les villes, des abris sont construits de toutes pièces où aménagés dans des caves déjà existantes pour faire face aux bombardements.

 

La politique de la Défense passive

Instaurée par la loi du 21 juillet 1938, devant la montée des tensions internationales,  la politique de Défense passive vise à informer la population par le biais d’affiches, à minimiser les risques, à coordonner les secours et à mettre en place des installations destinées à préserver les civils. Des campagnes désencombrement des greniers sont organisées pour réduire le risque d’incendies, les sources lumineuses sont occultées, y compris les phares des voitures, des masques à gaz distribués aux habitants. Les écoliers reçoivent quant à eux un enseignement spécifique dès la rentrée 1938.
Lyon, de par sa taille, est décrétée « localité de première urgence », elle est divisée en 12 secteurs, eux-mêmes divisés en îlots.

 

Les abris anti aériens


Dans un premier temps, ce sont les caves des immeubles qui sont inventoriées, les plus solides sont identifiées comme abris et repérées par un marquage sur la façade. 
Des abris sont ensuite creusés dans l’espace public, il s’agit le plus souvent de simples tranchées destinées à protéger les habitants du quartier. 
Enfin, des abris sont aménagés sous les principaux édifices publics : Hôtel de Ville, grande Poste place Bellecour, Préfecture en particulier.
Les abris les plus sophistiqués sont aménagés de façon à permettre à la population d’y séjourner plusieurs heures en cas d’alerte aérienne : système de renouvèlement de l’air, générateur d’électricité bancs, réserves d’eau.

 

Un patrimoine qui interroge


De nombreux abris subsistent dans les sous-sols des bâtiments publics, plus ou moins bien conservés. Par contre, les tranchées-abris ont le plus souvent été rapidement comblées, parfois même avant la fin de la Seconde Guerre mondiale. On en trouve des vestiges lors de travaux d’aménagement urbains.
Á Lyon, un abri de taille assez imposante avait été mis à jour boulevard des États-Unis lors des travaux de mise en place de tramway dans les années 2000. Dans un souci de conservation patrimoniale, il a été reconstitué à l’identique.
Ce patrimoine, évocateur du sort des civils dans les guerres du XXème siècle, connait un regain d’intérêt du public sans doute en lien avec une actualité brûlante.

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