Madeleine Pauliac est le médecin-chef de la Mission française de rapatriement en Pologne. Huit mois durant, elle participe au sauvetage des Français blessés retenus sur le territoire envahi par l’armée soviétique. Disparue tragiquement en février 1946, elle est décorée de la Croix de guerre et de la Légion d'honneur à titre posthume.
Une enfance marquée par l'engagement
Née le 12 septembre 1912, Madeleine Pauliac grandit à Villeneuve-sur-Lot puis à Nice après la mort de son père lors de la bataille de Verdun en 1916. Marquée par l’engagement de sa grand-mère, présidente de l’Union des Femmes de France (Croix-Rouge française), elle bénéficie d’une éducation favorisant son indépendance. Après son baccalauréat, elle part étudier la médecine à Paris en 1929 et obtient son doctorat en 1939, devenant l’une des trois cent cinquante femmes médecins françaises.
L'entrée en Résistance
Durant l’Occupation, tout en exerçant à l’hôpital des Enfants-Malades, elle met ses compétences au service de la Résistance. En août 1944, elle participe à la Libération de Paris et rejoint le service de santé de la 2e DB pendant la bataille des Vosges, où elle devient lieutenant des Forces françaises de l’intérieur (FFI). À la demande du général de Gaulle, elle se voit confier une mission sanitaire destinée à organiser le rapatriement des ressortissants français présents dans la zone contrôlée par l’Armée rouge.
La mission de rapatriement
Le 26 février 1945, Madeleine Pauliac reçoit ainsi son ordre d’affectation pour la Pologne. D’abord envoyée auprès de l’ambassadeur de France en URSS, Madeleine Pauliac rencontre à Moscou le général Catroux, qui lui confie la direction de l’hôpital français de Varsovie, installé dans un ancien bâtiment de la Croix-Rouge polonaise, qu’elle rejoint le 2 mai 1945. Sa mission consiste à rechercher, soigner et évacuer les prisonniers français. Elle rédige également des rapports qui documentent le système concentrationnaire allemand et font état de l’utilisation du viol comme arme de guerre par l’Armée rouge.
L'Escadron bleu
Le 27 juillet 1945, Madeleine Pauliac est rejointe à Varsovie par les onze jeunes infirmières et ambulancières volontaires de l’Escadron bleu. Grâce à elles, sa mission prend une nouvelle ampleur. Aux côtés de « ses » filles, elle mène plus de 200 expéditions à travers toute la Pologne et jusqu’en Union soviétique. Leurs opérations périlleuses rendent possible le sauvetage inespéré de centaines de Français.
Un engagement indéfectible
En novembre 1945, tandis que le rideau de fer tombe, prend fin la mission de rapatriement. Madeleine Pauliac reste néanmoins sur place, notamment pour poursuivre les soins qu’elle administre aux religieuses d’un couvent proche de Varsovie. Son engagement auprès de ces femmes et de leurs enfants, qu’elle parvient pour certains à faire évacuer et adopter à l’aide de la Croix-Rouge polonaise, est l’une des pages les plus admirables de son histoire.
Une disparition inattendue
Le 13 février 1946, elle décède aux côtés du colonel Georges Sazy dans un accident de voiture à une soixantaine de kilomètres de Varsovie. Elle est inhumée le 27 juillet 1946 à Villeneuve-sur-Lot en présence d’un détachement de FFI et de ses compagnes de l’Escadron bleu.
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Madeleine Pauliac