De plomb, d'aluminium ou de plastique, le petit soldat est un intemporel de la catégorie des jouets dits bellicistes.
Les six figurines achetées, quelques semaines après la libération, au petit Bernard Le Marec (né en 1936) représentent deux soldats américains, un tankiste, un tirailleur sénégalais, un spahi, ainsi qu'un soldat du régiment de marche du Tchad (fer de lance de la division Leclerc).
Dénichés dans une boutique de la rue Raulin à Paris, ils lui sont offerts par son grand frère Gérard, féru d'histoire et passionné par ces années de guerre qu'ils venaient tous deux de traverser. Fragiles, composées, d'un mélanger de plâtre, de sciure de bois et de colle ou de ponce et de gélatine, non signée sous la terrasse, les figurines sont sans doute l'œuvre d'un petit fabricant.
Si leur matériau les distingue des spécimens prisés par les collectionneurs, ces petits soldats "de misère" sont les témoins d'une époque où l'on manque encore de tout. C'est précisément cette absence de valeur marchande, conjuguée à l'histoire de leur propriétaire, qui les érige ici en pièce de musée.