Le journal intime de William Brunat (1900-1990), chirurgien orthopédique exerçant à la clinique Saint-Charles à Lyon durant la guerre, se déploie au fil de quatre agendas et d'un ensemble de feuilles volantes couvrant la période du 3 février 1939 à l'année 1946.
On y découvre la voix singulière d'un homme qui livre tout à la fois les pensées d'un médecin, d'un croyant (protestant), d'un père de famille et d'un résistant bien qu'il prit grand soin, au sortir de la guerre, d'étouffer toute tentative pour faire reconnaître son action.
Proche du mouvement Combat, William Brunat fréquentait Henri Frenay et Berty Albrecht. Il soigna, entre autres résistants, le jeune André Bollier en fuite, fournit de faux-certificats de réforme pour le STO, fit de son cabinet une boîte à lettres pour Combat et cacha dans sa maison d'Irigny des membres de l'Armée secrète. Ses notes personnelles restent d'une extrême discrétion sur son action mais livrent des pages bouleversantes sur des sentiments autrement impossibles à appréhender, ainsi en mai 1944 "Je pourrais écrire maintenant un traité sur la peur, car j'ai eu peur à certains moments d'une façon intolérable".
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Journal intime
Don de la famille Brunat