Aux mois de mai et juin 1940, la France affronte l'Allemagne nazie dans une guerre qualifiée d'éclair. Rapide et brutale, l'invasion allemande pousse des millions de Français à prendre les routes pour se mettre à l'abri : c'est la débâcle. Afin d'éviter une occupation totale du pays, le maréchal Pétain, alors à la tête de l'État, demande de cesser les combats et signe un armistice le 22 juin 1940 avec l'Allemagne, et le 24 juin 1940 avec l'Italie.
Le choix de l'armistice
Tandis que le général de Gaulle part pour Londres afin de rallier l'Angleterre à la cause française, le président du Conseil, Paul Reynaud, est en désaccord avec les principaux membres du gouvernement sur la position à adopter alors que les troupes allemandes sont aux portes de Paris. Le 16 juin 1940, il démissionne et se voit remplacé par le maréchal Pétain. Son objectif est de signer un armistice afin de préserver une partie du territoire français de l'occupation allemande. L'Allemagne accepte mais les conditions de l'armistice demeurent inconnues.
Rethondes, le théâtre de la revanche
Le 21 juin 1940, la délégation française, composée du général Huntziger, du général Bergeret, du général Parisot, du vice-amiral Le Luc et du diplomate Léon Noël, arrive à la clairière de Rethondes pour engager les négociations. Ce choix ne doit rien au hasard. Quelques jours plus tôt, Hitler a fait restaurer le site tel qu'il était en 1918, replaçant le wagon de l'armistice à son emplacement d'origine et recouvrant du drapeau nazi le monument de l'aigle allemand déchu. Ce choix est hautement symbolique. Vingt-deux ans après la fin à la Première Guerre mondiale, Hitler veut prendre sa revanche sur la défaite allemande et humilier la France en inversant les rôles. La cérémonie est organisée en public et filmée afin d'en faire un symbole de la victoire allemande.
Les négociations
Entouré des principaux dignitaires nazis, Hitler prend la même place qu'occupait le maréchal Foch en 1918. Après avoir remis les conditions de l'armistice, il quitte les lieux, laissant les négociations au maréchal Keitel et au général Jodl accompagné de l'interprète Paul-Otto Schmidt. Les instructions de Pétain confiées au général Huntziger sont de préserver la flotte française, l'empire colonial et d'éviter l'occupation totale du territoire. Ces objectifs sont atteints, mais l'armistice impose de lourdes contraintes. Parmi elles figurent le maintien en captivité des prisonniers de guerre, la création de la ligne de démarcation entre zone occupée et zone libre, l'entretien de l'occupant allemand et la livraison des opposants politiques du Reich.
Le début de la collaboration
Le 22 juin 1940, l'Armistice est signé. Le musée de Rethondes est détruit et le wagon est transféré à Berlin pour être exposé comme trophée. Le Régime de Vichy entre alors dans une politique de collaboration avec l'ennemi.