Été 1944 à Lyon : face à l’avancée des Alliés, la répression nazie s’intensifie. Le dernier convoi de déportation quitte la prison de Montluc le 11 août, emportant résistants et Juifs vers les camps. Retour sur un épisode majeur de la déportation, au cœur du procès de Klaus Barbie.
1944, un été meurtrier
À l’été 1944, les prisons lyonnaises Montluc, Saint-Paul et Saint-Joseph sont surpeuplées en raison de l’intensification des rafles et de la répression contre les résistants. De Paris, le général Oberg donne personnellement des instructions pour que le maximum de prisonniers soient transférés vers l’Allemagne. Il y a urgence : face à la progression des Alliés et aux sabotages, les rails ne seront bientôt plus praticables.
Le train n°14 166
Le train spécial n° 14 166 est le dernier convoi à quitter Lyon : neuf wagons de 3e classe, part pour Drancy le 11 août vers 16 heures.
Il emporte environ 650 détenus extraits manu militari de la prison Montluc et rassemblés en deux groupes : les « avec bagages » sont les résistants destinés aux camps de concentration et les « sans bagages » les Juifs voués à l’extermination.
Rien n’a été prévu pour la nourriture, les soins, l’eau et le train ne peut rejoindre sa destination car Paris est encerclée. Le convoi va ainsi errer pendant douze jours, un long calvaire, d’une voie de garage à l’autre, au hasard des bombardements, des ordres et des contre-ordres.
Les résistants non juifs sont débarqués au Struthof, les femmes à Ravensbrück.
Les prisonniers juifs poursuivent leur périple et arrivent à Auschwitz le 22 août. À l’arrivée, les 308 survivants qui n’étaient pas attendus par l’administration du camp sont encore parqués dans un hangar jusqu’à leur sélection, le 7 septembre.
Un chef d'inculpation au procès de Klaus Barbie
Au cours de l’instruction, l’ancien chef de la Gestapo a nié toute participation à ces faits. Klaus Barbie a reconnu avoir interrogé les résistants, mais sans violences particulières, en faisant
seulement son travail. Il dément en revanche avoir eu connaissance du sort des déportés en Allemagne, et rejette toute implication dans la persécution des Juifs à Lyon.
Cette photographie d'Emile Rougé est la seule connue à ce jour montrant les déportés à leur arrivée en gare de Perrache.