En 1940 et 1941, le régime de Vichy met en place les deux statuts des juifs, piliers de sa politique antisémite. Ces lois d’exclusion, inspirées par l’idéologie raciale nazie, privent les Juifs de leurs droits, de leurs métiers et de leurs biens, ouvrant la voie aux arrestations, à la spoliation et à la déportation orchestrées avec la collaboration du gouvernement français.
Le premier statut des juifs
En octobre 1940, le premier statut des juifs, décret-loi du régime de Pétain, impose une définition biologique de la prétendue race juive. Ce décret exclut les membres de la communauté de nombreux emplois. La fonction publique, la presse, le cinéma, la radio ou encore le théâtre sont interdits aux personnes juives, sauf dérogation exceptionnelle.
Dans la foulée du premier statut des juifs en France, une nouvelle loi est adoptée qui autorise et organise l'internement des Juifs étrangers.
Ces deux lois marquent le début de la collaboration de régime de Vichy et la mise en place d'un politique raciale antisémite dans le cadre de la Révolution Nationale.
Le second statut des juifs
En juin 1941, Vichy promulgue le second statut des juifs, qui renforce leur exclusion des professions libérales, commerciales, artisanales et industrielles. Ce statut oblige aussi la population juive à se rendre au commissariat pour se faire recenser, sous peine d’internement.
L'étoile jaune
Le 29 mai 1942, une ordonnance impose à tous les Juifs âgés de plus de 6 ans habitant en zone occupée, le port de l'étoile jaune.
La spoliation des biens juifs
Autre volet de la politique antisémite de Vichy : la spoliation, mise en œuvre avec la loi du 22 juillet 1941, qui prévoit le placement sous administration provisoire des biens appartenant aux juifs
La collaboration du régime de Vichy avec l'Allemagne nazie
En juillet 1942, le général Karl Oberg, chef des SS et de la police allemande en France, signe un accord avec René Bousquet, secrétaire d’État à la Police de Vichy. Cet accord entérine la collaboration policière entre la France et l’Allemagne, officialisant la participation des forces de l’ordre françaises aux arrestations de Juifs. Ce document fixe le nombre de personnes juives étrangères à arrêter et à livrer : 100 000 pour l’année 1942.
Sur proposition de Pierre Laval, chef du gouvernement de Vichy, la déportation des enfants de moins de 16 ans est acceptée par Berlin.
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