Lyon, la ville entre en guerre

En 1940, Lyon, d’abord déclarée « ville ouverte », traverse de profonds bouleversements durant la Seconde Guerre mondiale. D’abord en zone non occupée, elle devient un refuge pour de nombreux Français et un foyer intellectuel et religieux majeur. Entre restrictions, propagande du régime de Vichy et montée des tensions, la cité rhodanienne vit intensément les réalités de la guerre, jusqu’à la seconde occupation allemande en novembre 1942.

 

Lyon, une ville déclarée « ouverte » : la première occupation.


Pour les contemporains, Lyon avait vocation à demeurer, comme lors de la Première Guerre mondiale, une ville de l’arrière, épargnée par les combats. L’avancée rapide des troupes allemandes contraint les autorités à la déclarer « ville ouverte » le 18 juin 1940. Le 19 juin, les Allemands investissent la cité et désignent six otages parmi les notables.
Lyon connaît alors une première occupation.

 

De la première occupation à la zone libre


Dès le 22 juin, les conditions de l’armistice signé avec l’Allemagne sont connues : la ville sera située en zone non occupée à compter du 7 juillet. Très vite, elle exerce un pouvoir d’attraction sur les Français de zone occupée, de par son statut de grande métropole, son rayonnement économique, culturel et religieux, et sa situation géographique privilégiée.

Un refuge pour la presse et les communautés religieuses


Aussi des titres de la presse nationale (Le Figaro, L’Action française) s’y replient-ils à l’été 1940. Lyon, grand foyer du catholicisme, devient aussi le cœur du judaïsme français, en accueillant ses principales instances. Il en résulte un brassage d’individus et d’idées, conforté par la présence des nombreux réfugiés qui transitent dans la cité, jusqu’en 1942.

Une guerre bien présente au quotidien


Non occupée, la ville héberge malgré tout des organismes militaires allemands chargés du contrôle du respect des conditions d’armistice. La guerre reste une réalité sensible pour les habitants, confrontés aux restrictions, à l’absence des prisonniers de guerre et aux difficultés croissantes de la vie quotidienne.

Le régime de Vichy et ses effets sur Lyon


L’avènement du régime de Vichy bouleverse les pouvoirs publics locaux : nomination du maire par le gouvernement, installation d’un préfet régional, application des idéaux de la « Révolution nationale » soutenue par une propagande omniprésente. Les syndicats passent sous contrôle de l’État, les partis politiques sont interdits et, dès l’automne 1940, Juifs et francs-maçons sont exclus de l’administration.

1942 : l’invasion de la zone sud


L’invasion de la zone sud, le 11 novembre 1942, après le débarquement allié au Maroc et en Algérie, met fin à cette première période. Une seconde occupation commence alors pour Lyon, annonçant de nouveaux défis pour la ville.

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🎧 Podcast :

Le 11 novembre 1942