Ces objets ont appartenu à Adrien Denavit, jeune résistant lyonnais arrêté par la Gestapo en 1944. Conservés par sa famille avant d'entrer dans les collections du CHRD, elle constitue le témoignage du parcours d'un homme engagé dans la Résistance et victime de la répression nazie.
Entrée dans la Résistance lyonnaise
Adrien Denavit naît le 3 juin 1917 à Lyon. Après des études secondaires à l’Externat Saint-Joseph, il étudie à l’École de chimie industrielle, obtenant en juillet 1939 son diplôme d’ingénieur-chimiste. Il y fait la rencontre de celle qui deviendra son épouse, Nicole Rambaud.
Début 1943, la lecture puis la diffusion du Courrier français du Témoignage chrétien le conduisent à participer à une organisation de résistance. Il devient l’un des adjoints du chef départemental du Rhône du mouvement Franc-Tireur, Charles Perret (alias Delacroix), puis agent de liaison de l’Armée secrète pour Marcel Descour et Alban Vistel, chef régional de la région R1 des Mouvements unis de résistance (MUR).
Arrestation et détention
Le 1er avril 1944, Adrien Denavit est arrêté à la suite d'une rafle. Incarcéré à la prison de Montluc, prison allemande et centre de détention provisoire pour les victimes de la Gestapo. Montluc, saturée, offre en cet été 1944 des conditions de détention épouventables.
Le 20 août 1944, quelques jours avant la Libération de Lyon, Adrien Denavit est exécuté au fort de Côte-Lorette, à Saint-Genis-Laval, aux côtés de nombreux autres prisonniers extraits de Montluc.
Son histoire témoigne de la violence de la répression exercée contre les résistants durant les derniers mois de l'Occupation.
L'exécution au fort de Côte-Lorette
L’exécution d’Adrien Denavit s’inscrit dans le contexte d’intense répression qui caractérise les jours précédant la Libération et se déroule dans des conditions dramatiques, aux côtés de 120 autres détenus, au Fort de Côte-Lorette sur la commune de Saint-Genis-Laval (Rhône).
Le « massacre » du Fort de Côte-Lorette est l’une des pires exécutions collectives que connaît la région. Escortés par plusieurs voitures au sein desquelles ont pris place des Allemands et des collaborateurs français, deux cars emplis de prisonniers quittent Montluc au matin du 20 août 1944. Quelques minutes après leur arrivée au Fort, retentissent fusillades et explosions. Les corps sont brûlés. À la Libération, beaucoup ne seront pas identifiés, comme celui d'Adrien Denavit.
Ce dernier est décoré à titre posthume de la Croix de guerre, de la médaille de la Résistance et élevé au grade de Chevalier de la Légion d’Honneur.
Précieusement conservé par la famille du fusillé, cet ensemble a été donné au CHRD à l'issue d'une conférence présentant un regard croisé sur les collections détenues par les musées de la Seconde Guerre mondiale (Les collections des musées de la Seconde Guerre mondiale par Florence Saint-Cyr, musée de la Résistance de Nantua, Vincent Briand, musée de la Résistance de Besançon, Isabelle Doré-Rivé, CHRD).
Le CHRD détient des collections illustrant les parcours et portant la mémoire d’autres victimes de l’été 1944, comme Pierre Poncet (CSRA 2021, agendas et pistolet), Joseph Chwalsky (CSRA 2016, ceinture) et René Garnier (CSRA 2022, dernière lettre à sa fiancée).
Féru d'alpinisme, Adrien Denavit choisissait ses pseudonymes (Charmoz, Grépon) parmi les aiguilles de Chamonix.
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Collection d'objets
Adrien Denavit