L’Affiche rouge

Symbole de la propagande nazie, l’Affiche rouge fut placardée dans tout Paris en février 1944 pour ternir l’image de la Résistance. Mais cette tentative de manipulation devint au contraire un hommage involontaire aux héros du groupe Manouchian, exécutés pour leur combat contre l’occupant.

 

Placardée à 15 000 exemplaires sur les murs de Paris, cette affiche fait partie d’une vaste campagne de propagande orchestrée par les Allemands pour couvrir un procès retentissant : celui de vingt-trois communistes du groupe Manouchian, membres des FTP-MOI (Francs-tireurs et partisans de la Main-d’œuvre immigrée) en février 1944.

« L’Affiche rouge », comme on l’appelle désormais, vise à décrédibiliser la Résistance en l’assimilant à une bande de hors-la-loi étrangers.
Mais elle provoque l’effet contraire, les accusés suscitant plutôt la sympathie et la compassion de la population. Tous sont condamnés à mort. Les vingt-deux hommes sont fusillés au mont Valérien le 21 février ; Olga Bancic, la seule femme du groupe, sera décapitée à Stuttgart le 10 mai.

Aragon célèbre la mémoire des vingt-trois résistants du groupe Manouchian dans son poème Strophes pour se souvenir en 1955. La deuxième strophe fait référence à l’Affiche rouge :

"Vous aviez vos portraits sur les murs de nos villes ;

Noirs de barbe et de nuit hirsutes menaçants ;

L’affiche qui semblait une tache de sang ;

Parce qu’à prononcer vos noms sont difficiles ;

Y cherchait un effet de peur sur les passants."

Date : 1944
N° inventaire : A. 153
Exposition :
Vous retrouverez cet objet dans l’exposition : Exposition de référence du CHRD | Lyon dans la guerre, 39-45