Lyon, capitale de la Résistance

Le 14 septembre 1944, le Général de Gaulle se rend à Lyon, libérée seulement depuis dix jours de l’occupation allemande. Du balcon de l’hôtel de ville, il salue la cité comme la « capitale de la Résistance ».
Une formule appelée à marquer durablement les mémoires. Mais que recouvre vraiment ce titre, entre hommage et réalité historique ?

 

Lyon, foyer de la Résistance naissante .
été 1940 – début 1943.

À l’été 1940, Lyon, grande ville de la zone non occupée, devient un carrefour d’échanges et de réflexions où s’organisent les premiers mouvements de Résistance. La ville attire de nombreuses figures venues de la zone occupée et offre un terrain propice à la clandestinité : lieux de réunion discrets, imprimeries mobilisées pour la presse clandestine, réseau de transports facilitant les liaisons.
C’est naturellement à Lyon que Jean Moulin, mandaté par le général de Gaulle, s’installe au début de l’année 1942 pour poser les bases de l’unification de la Résistance. Il y crée des services centraux et contribue à la mise sur pied de l’Armée secrète. Dans les environs de la ville, en janvier 1943, la fondation des Mouvements unis de la Résistance (MUR) vient sceller cette dynamique d’unification autour des trois principaux mouvements de la zone sud.
 

La montée des périls, Paris reprend le flambeau.
printemps 1943 – été 1944.

Le 11 novembre 1942, l’armée allemande envahit la zone sud. L’occupation totale du territoire entraîne une vague de répression qui frappe de plein fouet les réseaux de Résistance. Au printemps 1943, les arrestations se multiplient, parmi lesquelles celle de Jean Moulin qui interviendra le 21 juin 1943.
Face à ce durcissement, les états-majors des mouvements quittent progressivement Lyon pour se réorganiser à Paris, où se joue désormais la préparation politique de la Libération. C’est dans la capitale que se tient, le 27 mai 1943, la première réunion du Conseil de la Résistance (futur Conseil national de la Résistance), véritable parlement clandestin présidé par Jean Moulin.

Pendant ce temps, sur l’autre rive de la Méditerranée, le général de Gaulle, chef de la France libre, arrive à Alger le 30 mai 1943. Quelques jours plus tard, le 3 juin, y est créé le Comité français de libération nationale (CFLN). Ainsi, Alger devient pour un temps le centre de la renaissance d’un État républicain.
 

Un titre symbolique

D’un point de vue historique, Lyon mérite bien son titre de capitale de la Résistance, mais seulement pour les premières années du conflit. L’expression, toutefois, a profondément marqué les mémoires et reste indissociable de l’identité de la ville. En la prononçant, le général de Gaulle rendait bien sûr hommage à Lyon, tout en adoucissant le fait qu’elle ne soit pas, contrairement à Paris ou Grenoble, élevée au rang de Compagnon de la Libération.

« Comment dire à Lyon toute l’émotion, toute la gratitude que je ressens dans cette capitale gauloise qui fut ensuite la capitale de la Résistance française et qui est aujourd’hui une très grande ville de notre France couverte de blessures, éclatante dans son honneur et emportée par son espérance ».

Voici un extrait du discours prononcé par le général de Gaulle le 14 septembre 1944 depuis le balcon de l’Hôtel de ville de Lyon, devant une foule en liesse.