L’entrée de Marc Bloch au Panthéon vient saluer la figure d’un homme engagé. Historien, combattant des deux Guerres, résistant à Lyon.
Sa silhouette et son bureau accueillent les visiteurs du parcours permanent du CHRD.
Un historien, pionner de l'histoire moderne
Historien spécialiste du Moyen Age, Marc Bloch (1886-1944) a largement contribué à renouveler le champ des études historiques, notamment à travers la revue des Annales qu’il a cofondée en 1929.
Un combattant de la Première Guerre mondiale
Lorsque la France entre en guerre en 1939, Marc Bloch a 53 ans et n’est plus en âge d’être mobilisé. Ancien combattant de la Première Guerre mondiale, il en fait toutefois la demande. Il est alors témoin de la débâcle de juin 1940 et rédige une analyse de la bataille de France qui demeure, aujourd’hui encore, une référence en la matière : L’étrange défaite (Éditions du Franc-tireur, 1946).
Une étrange défaite
Dans cet ouvrage, Marc Bloch livre une première et implacable analyse de l’effondrement militaire et politique de la France. Rédigé « à chaud », dès l’été 1940, mais avec la pleine maîtrise des outils de l’historien, l’essai sera publié de manière posthume après l’exécution de Marc Bloch par les Allemands le 16 juin 1944.
Véritable monument littéraire, le texte rend compte de la défaillance militaire et politique d’une nation, tout en révélant les valeurs constitutives d’un engagement à venir.
Un universitaire juif
En tant que Juif, Marc Bloch est frappé par le statut du 3 octobre 1940 promulgué par Vichy, visant à exclure les Juifs de la fonction publique. Professeur à la Sorbonne, il obtient néanmoins une exemption pour service exceptionnel rendu à la France. Il est nommé à un poste de professeur d’université à Montpellier, puis à Clermont-Ferrand. En février 1941, une possibilité d'exil aux États-Unis lui est offerte avec un poste universitaire, mais Marc Bloch restera finalement en France et s'engagera dans la Résistance.
Un résistant
Il entre en résistance au sein du mouvement Franc-Tireur en 1943 sous le pseudonyme de Narbonne. Il en gravit rapidement les échelons, jusqu’à intégrer le directoire régional des Mouvements unis de résistance. À ce titre, il contribue largement à organiser la Résistance dans la région Rhône-Alpes (R1).
Le 8 mars 1944, le résistant est finalement arrêté par la Gestapo sur dénonciation. Il est interrogé et torturé à l’École de Santé militaire.
Marc Bloch est fusillé à Saint-Didier-de-Formans (Ain) en juin 1944.
Marc Bloch (1886-1944)