Tenues mondaines, le smoking en majesté
Le travail de Jean Moulin, dans les ministères de Pierre Cot ou pour la gestion de sous-préfectures et de préfectures à l’importance croissante, s’accompagne d’une vie faite de dîners, banquets et inaugurations qui imposent leurs propres codes vestimentaires.
Parallèlement à ces mondanités, Jean Moulin est aussi un passionné des nuits parisiennes, observateur du tout Montparnasse intellectuel et artistique, amateur de théâtre, très au fait de l’actualité culturelle. Sur ses temps de loisirs, il fréquente les lieux huppés de l’Hexagone, comme Saint-Tropez ou Megève aux côtés de ses amis Paul et Andrée Chatin.
La garde-robe conservée témoigne naturellement de la vie tout à la fois mondaine et festive du jeune méridional.
Les deux gilets en coton et soie blanche, dont l’un passé au pressing est marqué du nom de l’épouse de Moulin, Cerruty, adoptent les revers châles arrondis typiques des gilets de smoking de la deuxième moitié des années 1920.
L’adoption d’un smoking sombre, avec revers en satin, dit tout à la fois la modernité de Moulin et la démocratisation d’une forme jugée plus seyante que le traditionnel habit à queue de pie ou queue de morue, dont deux exemples figurent néanmoins dans le vestiaire parvenu jusqu’à nous.

Augustin Tuset, médecin et sculpteur à ses heures, réalise le buste de Jean Moulin, son ami et le parrain d'un de ses fils. 1930 - 1933
© Collection Famille Escoffier