La dame du Jeu de Paume

Exposition "La Dame du Jeu de Paume. Rose Valland sur le front de l'art" du 3 décembre 2009 au 2 mai 2010 au CHRD © Photo CHRD Lyon

La salle des martyrs et l'autodafé des Tuileries

Afin de les soustraire à la vue des dignitaires nazis, les œuvres d’art moderne sont dissimulées dans la salle la plus reculée du musée du Jeu de Paume. En mars 1942, Rose Valland écrit à leur sujet qu’elles « paraissent constituer une catégorie à part parce qu’elles ne sont pas conformes à l’esthétique du IIIe Reich. On pourrait espérer en les voyant rester au musée qu’à la suite de négociations elles reviendraient peut-être à la France mais elles paraissent maintenant plutôt devoir servir de monnaie d’échange. »

Cette dimension marchande ne suffit pas à les sauver toutes, comme le rapporte Rose Valland, unique témoin d’un autodafé perpétré dans le jardin des Tuileries au printemps ou à l’été 1943. Selon ses dires, les peintures sacrifiées auraient porté les signatures prestigieuses de Joan Miró, Francis Picabia, Suzanne Valadon, Paul Klee, etc., entre cinq et six cents œuvres marquées du sceau EK, Entartete Kunst : art dégénéré.