Des objets témoins
Pour les populations civiles, la Seconde Guerre mondiale se caractérise par le surgissement de formes spécifiques de violence jusqu’alors cantonnées sur le front de l’Est. Des exactions et massacres sont commis au moment où les combats sont les plus intenses, comme lors de la libération des territoires. Le 10 juin 1944, aux lendemains du débarquement de Normandie, deux cent quatre enfants âgés de moins de 14 ans périssent à Oradour-sur-Glane.
Absolument distinct dans ses enjeux, le génocide de la population juive d’Europe cible particulièrement les enfants qui constituent un véritable objectif de destruction. Du printemps 1942 à l’été 1944, plus de 11 000 enfants et adolescents de moins de 18 ans ont été déportés de France, parce que juifs, vers Auschwitz-Birkenau principalement, mais aussi Sobibor, Majdanek et Kaunas.
La destinée tragique de leurs petits propriétaires explique le soin attaché à la préservation et à la transmission des jouets « ordinaires » de certains d’entre eux. Assimilables à des reliques, ils passent du statut de souvenirs à celui de témoins en intégrant les collections d’institutions publiques.