Les jouets fabriqués en détention et déportation
Destinés à l’enfant d’une codétenue ou offert à une détenue dont on souligne ainsi la jeunesse, les jouets fabriqués en prison et dans les camps témoignent de liens de solidarité essentiels. Ils offrent également une projection nécessaire vers l’âge tendre et heureux de l’enfance.
Leur confection tient souvent du miracle et suppose un effort individuel et collectif immense. S’accrocher, à travers eux, à l’innocence de l’enfance, revient à s’accrocher à la vie et à l’espoir, à revendiquer une part d’humanité précisément annihilée. En trois occasions, les dessins que Jeannette l’Herminier réalise au camp de concentration de Ravensbrück évoquent la réalisation, avec des matériaux de fortune, conquis ou volés, consolidés avec les propres cheveux des déportées, de poupées destinées au block des enfants juifs ou à des enfants tsiganes.
Dans un univers où la notion de propriété n’existe plus, le besoin de fabriquer des jouets destinés à une camarade ou à distraire les enfants relève d’une stratégie de survie pour elles comme pour ceux qu’elles tentent d’entourer.