Exode, pénuries, bombardements
Si les enfants des villes en particulier voient dès 1939 leur quotidien bouleversé par des évacuations temporaires destinées à les mettre à l’abri des bombardements ou des restrictions alimentaires, ils entrent plus tardivement que d’autres dans « l’expérience de la guerre ».
L’exode et les départs précipités du printemps 1940, les premiers bombardements alliés et pour certains le Débarquement en Normandie constituent des marqueurs pour les plus jeunes et signent l’irruption de la guerre dans leur vie d’enfants. Dans ces moments, l’objet emmené, distribué ou au contraire perdu, devient totem et se charge d’une très grande valeur affective. Le conflit achevé, dans la mesure où il a accompagné l’enfant dans les épreuves de la guerre, il acquiert un statut d’objet-repère.
À l’inverse, selon leur origine sociale ou leur ancrage géographique, certains enfants traversent la guerre, ou une partie de la guerre, sans être directement confrontés aux violences qu’elle engendre. Tous partagent en revanche l’expérience du rationnement et, pour beaucoup, celle de la faim.

Michel, le poupon d'Hélène Akierman l'a accompagnée dans sa fuite pendant le conflit.
PIERRE VERRIER