La guerre en jeux

CHRDLyon_Visite ©PhilippeSomnolet

La Libération, rejouer la guerre ?

En 1939-1940, la guerre avait constitué une source d’inspiration pour les enfants, les fabricants et l’industrie du jouet. La période de la Libération influence à son tour des jeux qui se font l’écho d’une actualité brûlante, violente et parfois joyeuse, propre à nourrir les imaginaires enfantins. Non sans danger, les ruines urbaines, champs de bataille, carcasses de véhicules fourmillent de munitions et d’éclats d’obus qui font l’objet de trocs dans les cours de récréation, quand les jouets de fortune se voient parés de cocardes aux couleurs alliées.
Dès l’été 1944, les fabricants mettent en vente une multitude d’objets sur le thème de la Libération et de la Victoire sans douter un instant de l’issue de la guerre. Les cases Obstacles des plateaux de jeux s’intitulent désormais « Gestapo », « Montluc » et les cases Avantages « Jugement d’un milicien » ou « Troupes parachutées ». Dans un contexte qui reste celui des pénuries et des difficultés de production, les jouets de peu continuent de s’imposer : figurines en matériaux pauvres et découpis permettent de rejouer la bataille.